*... Bienvenito ...* (Donna vestita in verde TD Lempicka)

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Article à venir :

"Hell", de Lolita Pille [fini]
La trilogie du magicien noir, tome 1 "La Guilde des Magiciens", de Trudi Canavan [fini]
La trilogie du magicien noir, tome 2 "La Novice" [fini]
La trilogie du magicien noir, tome 3 "La Haut seigneur".. [98%]
"Des journées entières dans les arbres", de Marguerite Duras [abandonné]
"Le magasin des suicides", de Jean Teulé [fini]
"La gloire de mon père", de Pagnol [fini]
"Lajoueuse de Go", de San Sha [fini]
"Les yeux jaunes des crocodiles" de Pancol [60%]
"La valse lente des tortues" de Pancol [fini]

"Les chroniques de San Francisco" de Armistead Maupin
"Le seigneur des anneaux" de Tolkien

b0uquins = CA ARRIVE! :)

http://exxlibris.wordpress.com let's see.





Bonjour! Revenue de San Francisco, je veux prendre un nouvel envol, pt pas nouveau style :) mais j'espère vous inspirer ou vous aider encore ;)
Demoiselle (http://b0uquins.skyblog.com) [pardon ^^"] je t'ai chourée un chti peu ta présentation, mais c'est juste pour le premier poste, d'ailleurs.. si tu veux aussi me conseiller des bouquins ;)
Voila j'espère que ce blog durera plus longtemps que les autres, et même si je poste pas souvent, ca sera le plus souvent des pavés (espérons!!!!)
Venez nombreeeeeeuuuux!! :D


[. W A R N I N G .]
Je tiens à prévenir : la beauté du texte ne réside pas pour moi dans l'inconnu contenu dans le reste non-lues des pages d'un livre, mais dans chaque phrase défilant sous mes yeux. Si vous n'aimez pas qu'on vous dévoile la fin d'un livre avant de l'avoir lu, passez votre chemin, je risque de vous plombez votre doux plaisir lecturale..
J
e ne pourrais non plus donner de note à une oeuvre, ne pouvant la juger ni bonne ni mauvaise, seulement à mon goût ou pas. Je ne préciserai pas non plus le nombre de pages, cette indication n'ayant aucune sorte d'importance pour moi... "Seule la vie est importante..." MUAHAHAHAHAHA!
Bonne lecture! Et n'hésitez pas à laisser des commentaires, à critiquer ou aduler XD

PS : *exxlibris* parce que je voudrai que ma vie soit comme l'extrait d'un livre, vibrant et passionné, parce que les livres c'est la moitié de ma vie, parce que écrire sera l'autre moitié, parce que je leur dois tant..

[ B ]
René BARJAVEL : "La nuit des temps."

[ F ]
Alice FERNEY : "L'élégance des veuves."
Pierrette FLEUTIAUX : "Les amants imparfaits."

[ G ]
Romain GARY : "Les cerfs-volants."
Anna GAVALDA : "Ensemble, c'est tout."

[ H ]
Lian HEARN : "Le clan des Otori I, II, III"
Ernest HEMINGWAY : "Le vieil homme et la mer."
Nancy HUSTON : "L'empreinte de l'ange."

[ M ]
Mathieu François Pidansat de MAIROBERT : "Confession d'une jeune fille."
Octave MIRBEAU : "Le journal d'une femme de chambre."


[ S ]
Eric-Emmanuel SCHMITT : "Lorsque j'étais une oeuvre d'art."

# Posté le dimanche 25 juin 2006 13:18

Modifié le jeudi 20 août 2009 05:30

*... "Le journal d'une femme de chambre" ...* (expressionisme)

*... "Le journal d'une femme de chambre" ...* (expressionisme)
Octave MIRBEAU (1848-1917)
"LE JOURNAL D'UNE FEMME DE CHAMBRE"
Ed. 1984
A
daptation théâtrale en 1931 par Heuzé et de Lorde, en 1981 par Jacques Destoop.
A
daptation cinématographique par Jean Renoir en 1946, et en 1964 par Luis Bunuel, avec Jeanne Moreau.
Le plus connu des romans de l'auteur, paru en 1900 chez Fasquelle.

QUATRIEME DE COUVERTURE : La bourgeoisie vue par le trou de la serrure et l'oeil de ses domestiques, qui ne valent pas mieux qu'elle. Si les maîtres sont des pantins, Célestine, la femme de chambre, est une catin, d'ailleurs assez gentille, et Joseph, le jardinier cocher, une fripouille antisémite. Ajoutez à celà quelques épices 1900, les étreintes passionnées de Célestine avec un jeune tuberculeux, un viol, un vieillard fétichiste (la fameuse scene des bottines si bien enlevée dans le film de Bunuel), et vous avez le chef-d'oeuvre de notre terrible Octave, "un personnage extraordinaire, disait Leautaud, d'une fougue, d'une hardiesse, d'un anarchisme littéraire et artistique unique à cette époque ".

GENRE : roman

COURANT LITTERAIRE : ... mais surement engagé.

RESUME : Journal de Célestine qui profite de ces rares moments de répit que lui laissent ces nouveaux maîtres (petis bourgeois normands) pour faire le point sur son existence de misère et d'humiliation. Décrit sans complaisance la condition domestique (qui concerne à cette époque plus d'un million de personnes), ses drames : déracinement, perte d'identité. Tour à tour est victime et bourreau, égoiste et médisante, ou hargnieuse et hautaine. Evoque les personnages marquants de sa vie, ses amants, ses maîtres. On s'y attache malgrés ces bassesses. Joseph, homme mysterieux. Ce finit dans le présent, le futur en suspens.
Au-delà de sa valeur documentaire, critique par l'auteur de la bourgeoisie érigeant le darwinisme en loi sociale : "Chacun vit, s'engraisse, s'amuse de la misère d'un plus pauvre que soi." Laisse aussi transparaître ses haines esthétiques et littéraires contre les peintres préraphaélites (courant de la peinture anglaise du XiXème siècle, inspiré par la manière et les oeuvres des primitifs italiens qui peignaient avant Raphaël, avec comme principaux représentants Burne-Jones, Rosetti et Millais) et les écrivains mondains qui "oeuvrent à l'envers de la vie".
Consubstanciel de l'affaire Dreyfus, Le Journal est encore un franc réquisitoire contre les débordements nationalistes et antisémites.

IMPRESSIONS : Célestine est attendrissante de par sa franchise et sa spontanéite qui nous dévoile sa naiveté. Elle nous dévoile à son insu son ignorance d'elle-même. A travers ce qu'elle juge de véracité et d'honneté, rapport de propos et de scène elle ment et traversti bien des choses. Certaines ne sont pas clairements prononcées comme la maladie de M. Georges, beaucoup de sous-entendu, des regards, des "ça". Ce sentiment d'incertitude et pourtant de certitude de la part du lecteur d'avoir deviner est renforcé par les soupçons de Célestine sur le viol de la petite Claire et du vol des Rabour - est-ce l'oeuvre de Joseph?
En étant elle, différente des autres, Célestine hait les autres et pourtant éprouve pitié, amitié, amour. Finalement avec Joseph, elle aime le mystère. Elle souhaite le connaître mais ne le peut et ne le veut (différence entre ce qu'in veut et ce qu'on voudrait). Rappelle la scène de la place chez un vieillard qui aurait pu se toquer d'elle et faire sa fortune, tout ce qu'elle esperait en étant dans la maison de placement, mais place qu'elle refuse quand celle-ci se présente, et ceçi pour aucune raison apparente.
Me rappelle "Madame Bovary" de FLAUBERT, coté naîveté. Et me rappelle "Un roi sans divertissement" de GIONO avec les sentiments de Mr. V et de Langlois qui, par ennui de la vie sont poussés à commettre des crimes. Ici il nous parait si simple et si facile d'être vulgaire, voleur, catin et criminel. (cf. 2e extrait)

PHILOSOPHIE : Le problème de l'autre, haine de l'autre, la curiosité aussi. La brutalité du beau.

EXTRAITS : "Ainsi, me voila tout seul, maintenant. Je n'ai plus de femme, plus d'enfant, plus rien. J'ai bien songé à me venger... oui, j'ai songé longtemps à tuer ces trois enfants qui jouaient sur la pelouse... Je ne suis pas méchant pourtant, je vous assure, et pourtant, les trois enfants de cette femme, je vous le jure, je les aurais étranglés avec une joie..., une joie!... Ah! oui... Et puis je n'ai pas osé... Qu'est ce que vous voulez? On a peur... on est lâche... on n'a de courage que pour soufffrir!" (le jardinier veuf)

"Je me souviens avoir vu, dans un petit salon, chez la comtesse Fardin, une sorte d'idole hindoue, d'une grande beaute horrible et meurtrière... Joseph, à ce moment, lui ressemblait... "

" [...] mais je craignis que le sentiment que j'éprouvais ne fut qu'une curiosité fugitive. Joseph avait pris sur moi, sur mon esprit comme sur ma chair, un ascendant qui n'était peut-être pas durable... Et peut-être n'était-ce en moi qu'une perversion momentanée de mes sens?... Il y avait des moments où je me demandais aussi si ce n'était pas mon imagination - portée aux rêves exceptionnels - qui avait crée Joseph tel que je le voyais, s'il n'était point réellement qu'une simple brute, un paysan, incapable même d'une belle violence, même d'un beau crime?... "

"Ce qu'elles sont exigeantes, les bonnes, à Cherbourg, et chapardeuses, et dévergondées!... Non, c'est incroyable, et c'est dégoutant..."

# Posté le dimanche 25 juin 2006 14:04

Modifié le lundi 26 juin 2006 17:04

*... "Les amants imparfaits" ...*

PIERRETTE FLEUTIAUX
"Les amants imparfaits."
Ed. Acte Sud 2005
Autre oeuvre de l'auteure : "Nous sommes éternels" (prix Femina 1990), "Des phrases courtes, ma chérie."

QUATRIEME DE COUVERTURE : Paris, juin 2001 : trois jeunes gens soupçonnés de meutre comparaissent devant un juge d'instruction. Il s'agit des jumeaux Léo et Camille, dix-sept ans, issus d'une famille très fortunée domiciliée un peu partout dans le monde, et de leur ami Raphaël, vingt ans, originaire d'une petite ville de province et fils d'une employée de mairie.
Ils se sont connus à l'age de six et neuf ans respectivement, dans cette même petite ville où vivent les grands-parents des jumeaux.
L'audition des témoins et le récit de Raphaêl révèleront le secret de Léo et Camille et l'histoire des amants imparfaits.

Récit d'une fascination de l'un par les deux autres, de solitudes partagées dans l'oubli de la loi sociale et sous la férule d'un Eros devenu vengeur, étrange dérive à trois dans un monde désormais sans repères, ce roman, par-delà la variation superbe qu'il constitue sur le thème de la gémellité et du double, narre l'irresistible prise de pouvoir, sur un être jeune et vulnérable, d'un authentique sortilège.
En forme de "ré-initiation" aux illuminations premières, "Les amants imparfaits", en convoquant l'absolu du désir assassiné par un temps mortifère, relève sans doute tout autant d'une méditation sur les paradis perdus et les utopies que d'un questionnement sur l'innocence et la dépravation.

GENRE : Roman

COURANT LITTERAIRE (STYLE) :Huh.. I really dont know.. Ecriture moderne. Style totalement narratif.

RESUME : Histoire de Raphaël contée par lui-même, sur sa jeunesse perdue, regrettée mais adorée. Sa rencontre avec les jumeaux Léoetcamille décide du sens que va prendre sa vie, totalement hantée et conduite immanquablement. Autorité des jumeaux ou plutôt de son flegme à faire un retour sur lui-même? Apparition du personnage d'Anne, la suicidée,permettant ce déballage de vie.

IMPRESSION : Assez complexe au départ car Raphaël demeure seul narrateur mais n'arrête pas de voyager dans le temps, nous tirant dans le récit de sa toute première jeunesse et nous ramenant d'un coup sec dans le présent.. Il garde plusieurs interlocuteurs : les jumeaux, tout d'abord, toujours présents dans le roman comme dans la vie de Raphaël, puis Natacha, jeune écrivaine "rencontrée" au Mali lors d'une conférence d'auteurs, muse de Raphaël. Arrive aussi son psychologue et le juge d'instruction (passages qui nous force à un retour au temps présents et nous donne l'impression d'une retranscription exacte ou semi-exacte d'une interrogation judicière). Le lecteur joue le rôle de confidant, voire même celui de jugés à la cour : il observe l'évolution de Raphaël, se laisse attendrir par son discours.
Le roman a l'air de construire son intrigue évidente sur le "meutre" d'Anne (suicidée mais pourrait-on dire suicidée par le trio?), et nous soumet des éléments croustillants tel le meutre prénatale du troisième foetus (phantom twin) par Léo et Camille (qui est la raison principale de leur raccord à Raphaël, on s'imagine très bien leur petites mains de six ans agripés à Raphaël, comme leur seul lien avec la lucidité). Cependant celà ne me satisfait pas. La véritable intrigue n'est-ce pas justement la prise de conscience de Raphaël sur le pouvoir de l'influence? C'est finalement un roman totalement psychologique basé sur le lecteur, voyeur les échecs multipliés de ce jeune homme, se débattant, impuissant.
Le titre ne cadre pas pour moi avec le sujet du roman, le personnage principal étant Raphaël. Bien que ce roman n'aurait pas été crédible sans la présence des jumeaux, le cobbaye du lecteur, sautant de ligne en ligne, la cervelle hagarde, se révèle être peut-être lui-même.

PHILOSOPHIE : Innoncence, faiblesse/autorité, influencabilité, sens absurde de la vie, sexualité.

EXTRAITS : "Leur voix, leur visage ont chand'un coup. De tout petis doigts suivent les lignes, exhument les uns après les autres des mots aux consonances obscures, leursvres bougent à mesure, ânonnant tout bas, avec application, quences fies qu'ils savent par coeur. Et moi je suis perdu dans le brouillard de la langue étranre, éga par leur voix même, qui m'empêche de comprendre, tant elle m'est nouvelle, et méconnaissable, une voix de tout petits enfants, surgie d'un autre monde, presque effrayante.
"Tu vois, ont-ils conclu tristement, on l'a bouffé."
*... "Les amants imparfaits" ...*

# Posté le lundi 26 juin 2006 17:50

Modifié le mercredi 28 juin 2006 11:13

*... "Ensemble c'est tout" ...* (Projection de E. RAMSEIRER)

*... "Ensemble c'est tout" ...* (Projection de E. RAMSEIRER)
ANNA GAVALDA
"Ensemble, c'est tout."
Ed. le dilettante 2004

(dillettante (mot ital.) : personne qui s'adonne à une occupation, à un art en amateur, pour son seul plaisir. Personne qui ne se fie qu'aux impulsions de ses goûts. (Le Petit Larousse)
Autre oeuvre : "Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part" (1999), "Je l'aimais" (2002), "35 kilos d'espoir" (2002).

QUARTIEME DE COUVERTURE : "...Non, ne pleure pas... Tiens, prends mon mouchoir, petite fille... Mais il y a une chose que je dois te dire : les gens qui s'arrêtent de parler deviennent fous. Chu Ta, par exemple, je ne te l'ai pas dit tout à l'heure, mais il est devenu fou et très malheureux aussi... Très, très malheureux et très, très fou. Il n'a retrouvé la paix que lorsqu'il était vieillard. Tu ne vas pas attendre d'être une vieillarde, toi, n'est-ce pas? Dis moi que non. Tu es très douée, tu sais? Tu es la plus douée de tous les élèves que j'aie jamais eus, mais ce n'est pas une raison, Camille... Ce n'est pas une raison... Le monde d'aujourd'hui n'est plus comme celui de Chu Ta et tu dois te remettre à parler. Tu es obligée, tu comprends? Sinon, ils vont t'enfermer avec de vrais fous et personne ne verra tous tes beaux dessins... "
Ce livre ne raconte rien d'autre qu'une histoire d'amour. Une histoire d'amour entre quatre éclopés de la vie. Camille, Franck, Philibert et Paulette. Des bons à rien, des cabossés, des coeurs purs.


Quatre allumettes placées ensemble au-dessus d'une flamme. Et, pfiou... Tout s'embrase.

GENRE : Roman.

RESUME : Anecdote paraissant anodine de quatre personnes dont les vies se recoupent. Paulette, la grande-mère ouvre l'histoire avec ses problèmes de vieille (normal) ce qui amène à parler de Franck son petit-fils, cuisinier, et jeune! Franck partage un appartement avec Philibert, noble bourgeois du siècle passé dont la famille garde jalousement l'éducation. Et la voisine du dessus, Camille, est une anorexique, dotée d'un talent de peintre qu'elle exploitât mais s'étant fait manipuler par la gente masculine, se rétracte dans son monde qui se résume à sa chambre de bonne et son métier de ménagère ou "technicienne de surface".

IMPRESSION : Aucune annonce de changement de perspective, on passe d'un personnage à l'autre. Cette brusquerie peut être agaçante mais une fois aspiré dans l'histoire, cela nous parait même amusant. Beaucoup d'humour et effort de l'auteur d'utilisation d'un langage "moderne" quelque peu familier mais qui est bien proportionné à l'action.
Lecture conseillée par la mère d'un ami, beaucoup entendu de rumeur ("Il est trop géniiiial!!") J'ai apprécié me plonger dans l'univers de GAVALDA, en ayant fortement eu l'impression de lire et de participer à une partie de la vie ordinaire, entrevue par des yeux extérieurs, qui en font quelque chose de singulier. Enormément d'humanité. Analyse simple de relations sociales courantes par une auteure usant de phrases spontanées.

PHILOSOPHIE / THEME : La solitude, la peur qui y est liée, on parle d'art et de beauté.
EXTRAIT : "Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c'est leur connerie, pas leurs différences."

# Posté le mercredi 26 juillet 2006 17:15

Modifié le vendredi 28 juillet 2006 03:24

*... "L'empreinte de l'ange" ...* (Jeune fille se défendant contre l'amour, de William Bouguereau)

*... "L'empreinte de l'ange" ...* (Jeune fille se défendant contre l'amour, de William Bouguereau)
Nancy HUSTON
"L'empreinte de l'ange."

Ed. Babel Acte Sud 1998
Autres oeuvres : essai : "Jouer au papa et à l'amant", "Tombeau de Romain Gary", "Désirs et réalités."


QUATRIEME DE COUVERTURE : Nous sommes à Paris, à la fin des années cinquante. Saffie, l'énigmatique et belle Allemande aux yeux vert d'eau, devient l'épouse du grand flûtiste Raphaël Lepage, profondément épris dès le premier regard. Mariée puis mère, Saffie ne change pas : rien ne semble pouvoir illuminer son visage fermé et triste, éclairer des yeux qui en ont trop vu - qui ont tout vu. Rien, sauf l'amour fou qui l'embrase le jour où elle rencontre le luthier de Raphaël, un Juif hongrois nommé Andrâs. Ecartelé entre son histoire et sa passion inattendue pour cette Allemande, il tente d'apprendre - et de lui apprendre - à vivre avec leur passé.
Cette bouleversante histoire d'amour et de musique, qui évoque la mémoire, les espérances et les crimes de notre temps, a été couronnée par le grand prix des Lectrices de "Elle" 1999.


GENRE : Roman

RESUME : Mai 1957, Paris. Roman emmêlé dans l'histoire, indémélable de la situation politique. Saffie-Raphaêl ont une relation platonique et matérielle, alors que Saffie-Andrâs partage une passion brûlante et envahissante, subjuguant enfin le regard de la jeune femme sur le monde extérieur..
Le caractère de Saffie s'ouvre et s'envole carrément au contact de l'amour dévorant pour Andrâs, avec qui elle partage un lourd passé encombré de tombes.
Son amour pour son fils Emil, curieux enfant, évolue parallèlement, tout celà s'achevant dans le sang et la douleur.


IMPRESSION : D'innombrables retour à l'Histoire qui sème des pierres réalistes tout au long du roman.. Ecriture exceptionelle, envoutante, et assez sombre finalement. Génial.

PHILOSOPHIE : L'amour, le désir, la maternité, l'Histoire, la mémoire, le pardon, la haine.


EXTRAITS : "C'est effrayant à quel point son fils lui fait confiance, s'abandonnant à son étreinte, ne se doutant pas qu'en le serrant un pru plud, un peu plus... [...] C'est d'une facilité inouïe, lui avait expliqle jeune professeur en vacances, tout en caressant les seins naissants de son élève ahurie. C'est petit, un chaton, un lapin, ce n'est rien. Tu t'empares des pieds comme le docteur au moment de la naissance, les chevilles tiennent sans problème dans le cercle entre le pouce et l'index, le bébé pend la tête en bas, tu le balances une fois ou deux et hop! c'est fait, le crâne est mou, c'est très facile, la mère rugit, la petite tête a éclaté, il ne reste qu'éclaboussures de sang et de cervelle, la petite personne est terminée - Aus, vorbei -, on la jette et on rigole et au suivant!"

"Elle est, toute, dans son regard sur cet homme aux doigts noircis, au large pantalon de toile et aux tempes grises. Sous l'impact du regard vert, les doigts, mains, bras d'Andrâs finissent par s'immobiliser. Il est paralysé. Contrairement à Saffie, il n'a pas oublié l'enfant qui dort, , près d'eux. Il sait que s'il lève les yeux vers la femme allemande avant de parler à nouveau, il est perdu. Il cherche des mots et n'en trouve aucun, dans aucune langue.
Il lève les yeux.
L
e regard de Saffie est une boule de feu qui lui entre par les pupilles et lui plonge jusqu'au fond du ventre. Il brûle. Il l'a regarde, elle, cette Mme Lepage dont il ne connaîtme pas le prénom. Et ses yeux, la regardant, ne contiennent pas la moindre question.
Ils
restent ainsi. Beaucoup trop longtemps pour qu'il soit encore possible, après, de feindre l'innoncence. De toute façon ils ne le souhaitent pas. Ils ne souhaitent qu'une chose : chacun l'autre, leur fusion."

" [...] Segageant de la prise de l'homme, elle pose ses deux mains sur sa taille - taille pleine, charnue, charnelle, plus épaisse que celle de Raphaël - et se laisse glisser vers le bas. Ses mains passent le long des hanches et des cuisses de l'homme, elle est à genoux devant lui, lui dur, tout enfermé encore dans son pantalon, et elle appuie le visage là, nez, joue, paupières, os de la cavité orbitale, appuie fort, lèche son pantalon à cette endroit, appuie longuement la langue sur le tissu rèche et sec du pantalon... Andrâs, sans fermer les yeux, pose les deux mains sur la tête de cette inconnue, cette étrangère aux yeux verts fermés, et Saffie, soulevée alors par une houle violente, est jetée à terre dans la première jouissance de sa vie."

# Posté le jeudi 03 août 2006 15:13

Modifié le lundi 11 décembre 2006 07:29