*... "L'élégance des veuves" ...* (Fidélité, d'Alfred de Dreux)

*... "L'élégance des veuves" ...* (Fidélité, d'Alfred de Dreux)
Alice FERNEY
"L'élégance des veuves"
Ed. Babel Acte Sud 1995


QUATRIEME DE COUVERTURE : Au rythme des faire-part de naissance et de mort, voici la chronique de destins féminins dans la société bourgeoise du début du siècle. Fiançailles, mariages, enfantements, décès... le cycle ne s'arrête jamais, car le ventre fécond des femmes sait combler la perte des êtres chers. C'est avec l'élégance du renoncement que l'on transmet içi, de mère en fille, les secrets de chair et de sang, comme si la mort pouvait se dissoudre dans le recommencement.

GENRE : roman

RESUME : Histoire de la descendance de Valentine Bourgeois, mère de huits enfants.. Suivit du récit familial d'Henri, fils de Valentine, et de Mathilde la bru. A la mort de celle-çi, Henri se remarie bientôt avec Gabrielle, veuve de Charles.
En fait l'histoire ne finit pas de ne pas finir, car représente le cycle de la vie, imperméable aux coups du sort, elle trace son bonhomme de chemin sans se détourner d'elle-même.


IMPRESSIONS : Roman pas gai (logique) mais réellement bien écrit. Nous remet en évidence la longue continuité infini qu'est la Vie. Le fait que les mères enfantent autant et le nombre des morts infantiles nous rappelle que ces "faits" remontent au début du siècle, le temps où "Dieu" souhaitâ tous Ses enfants, vivants ou morts, joignant la douleur à l'accouchement, sceau de la rédemption de la faute sexuelle...

PHILOSOPHIE : La vie / la mort, l'existence, Dieu / la Faute, la passion.


EXTRAITS : "Arthur et Julie Bourgeois eurent cinq filles. Deux d'entre elles moururent jeunes. Les trois autres, Hélène, Henriette et Valentine, convolèrent en justes noces. D'elles sont issus dix-huit petits-enfants, quarante-trois descendants à la deuxième génération, cent cinquante-quatre à la troisième, et à ce jour quatre-vingts déjà à la quatrième.
C'était un bourgeonnement incessant et satisfait. Un élan vital (qu'ils avaient canalisé), un instinct pur (dont ils ne voulaient pas en entendre parler), une évidence (que jamais ils ne bousculaient), les poussaient les uns les autres, à rougir, s'épouser, enfanter, mourir. Puis recommencer. Les uns après les autres ils savaient que telle était la meilleure tournure des choses : que le Seigneur bénisse des alliances, que les jeunes ventres enflent dans l'allégresse, et que les anciens bercent des nouveaux-nés propres et emmaillotés. Le grand arbre familial étendait ses branches de plus en plus loin, année après année éparpillant des feuilles, au gré des mariages les enfants quittant les parents, dans l'espace entier. "Dieu ne nous a pas créées pour être inutiles", telle était la devise des femmes de cette famille. Elles se la transmettaient de mère en fille, de même qu'elles se murmuraient l'instant venu - à demi-mot pour ne pas troubler la décence - des secrets de chair, de sang, et d'enfants. Car les épouses étaient toutes accaparées par cette tâche : procréer. Et Dieu qui les guidait, à qui chaque soir elles offraient leur journée, ce Dieu-là se chargeait de bénir leur couche, et de pardonner aux époux la douceur des caresses en soufflant autour d'eux des petits enfants. Ainsi les couples étaient féconds, comme si la terre avait été si belle qu'il fallait enfanter des êtres capables de s'en émerveiller. Ou si cruelle qu'il fallait apprendre à compter, parmi ceux qui naissaient, lesquels survivraient."

"Alors Ma
thilde se déploya comme une corolle, peu à peu s'enflamma, fut une liane autour du corps d'Henri. Il prit garde à elle comme jamais il ne l'avait fait pour une autre. Il était ébloui, et presque surpris par sa beauté. (Car jamais il ne s'était représenté ce corps, ni même qu'elle en avait un.) Il l'a sentie s'ouvrir sous lui, devenir son amante, son havre, son désir, ses longs bras de jeune fille lisse l'entourant puis se dépliant loin de lui, en un geste alterné d'accueil, de capture et de délassement. Et après ce don, après cette manière douce de se goûter, après celà qu'elle n'avait jamais connu, jamais imaginé, jamais craint, elle s'endormit comme une enfant, elle la jeune fille la moins convenue et la plus éclatante de vitalité. Se disait Henri qui ne parvenait pas à dormir et qui la regardait."

"Il av
ait dit : Gabrielle, je ne veux pas dire encore je vous aime, mais j'ai la résolution et l'ardeur pour le faire, c'est la seule chose qui compte.
Vous non plus d'ailleurs n'en êtes pas vraiment à l'amour. Car maintenant nous ne sommes que des étrangers l'un à l'autre. Nous apprendrons. Ce n'est pas un paradoxe vous savez. L'amour n'est jamais donné, et si l'on croit cela, il faut s'en détromper. Car lorsque par un heureux hasard il l'est, ce n'est jamais que pendant quelques jours. Quelques jours partagés, quelques contraintes, quelques gênes, qui suffisent à le reprendre pour peu que la volonté ne s'en mêle pas. Gabrielle, j'aurai peut-être une manière de me tenir à table qui vous déplaît, vous n'aimeriez pas la campagne et moi je l'adorerai, vous voudrez dix enfants et moi je n'en voudrai pas, vous honorerez Dieu et moi je n'y croirai pas, mille détails d'importance nous menaceront toujours. Il faudra de la volonté. Je n'en manque pas. Je sais (il avait toussé à ce moment) oui je sais que je suis solitaire et silencieux, vous l'avez déjà remarqué je suppose. Et je suis rêveur, comme peu d'hommes le sont je crois, du moins c'est ce que l'on me dit souvent. Je suis peut-être même ennuyeux (il avait ri en disant cela et elle aussi). Mais je me donne du mal pour ce que j'entreprends, et si je fais une promesse, je ne manque jamais de la tenir. Vous verrez, c'est une chose agréable. Je suis curieux du monde et je voudrais vous le montrer. Je me sens même un grand élan pour cela, mais un élan maladroit, car j'ai envie d'aller vers vous et en même temps je n'ose pas. J'aime ce grand front pâle que vous avez, et votre visage qui ne sourit pas beaucoup (il avait rougi en baissant les yeux). Il me semble déjà les voir se pencher sur moi alors que je serais mourant. C'est à quoi je pense quand je pense à vous. Je pense à toute la vie et à la fin de la vie. Je vous aimerais lorsque vous serez moins jolie et moins fraîche, quand les autres yeux qui vous regardent aujourd'hui auront désertés depuis longtemps, je vous aimerais encore parce que j'aurai décidé, des années auparavant, de le faire. Et vous serez à mon chevet pour me fermer les yeux, ou moi je le ferai pour vous. Nous ignorons tout de ces préséances-là, nous ne pouvons qu'y songer, et j'ai toujours préféré l'idée de partir le premier à celle de devoir pleurer.
Gabrielle vo
ulez-vous être mon épouse et ma vie?"

"Dans so
n silence Mathilde était présente, sans cesse à son côté. Il aurait voulu poursuivre seul, leurs enfants les parfaire, les apprêter pour les affrontements à venir. Mais il pensait qu'il n'était qu'un homme, privé d'un sein chaud, d'une peau douce, de mains souples et faites pour caresser. Parfois le soir, regardant les petits qui partaient se coucher seuls, pleins de vaillance, il se sentait sec comme un fouet. Alors il la revoyait balançant dans le couloir, poussant les enfants vers leurs chambres d'une manière ferme mais toujours tendre. Maintenant la famille allait à vau-l'eau et il était perdu dans ses songes blancs : le corps de Mathilde apparaissait dans la nuit, il étreignait ce vide, cette morte pâle qui revenait, inoubliable."

# Posté le jeudi 03 août 2006 15:45

Modifié le jeudi 03 août 2006 16:24

Note perso :

* Revoir VOLVER de Pedro ALMODOVAR *

# Posté le vendredi 04 août 2006 13:51

*... "Le vieil homme et la mer" ...* (Océan, huile sur toile, de Natacha.)

*... "Le vieil homme et la mer" ...* (Océan, huile sur toile, de Natacha.)
Ernest HEMINGWAY (1899-1961)
Ecrivain américain.
"Le vieil homme et la mer."
Ed. Folio, 1952
Autres oeuvres : "L'Adieu aux armes", "Pour qui sonne le glas."


QUARTIEME DE COUVERTURE : Tu veux ma mort, poisson, pensa le vieux. C'est ton droit. Camarade, j'ai jamais rien vu de plus grand, ni de plus noble, ni de plus calme, ni de plus beau que toi. Allez, vas-y, tue-moi. Ca m'est égal lequel de nous deux tue l'autre.
Qu'est-ce que je raconte? pensa-t-il. Voilà que je déraille. Faut garder la tête froide. Garde la tête froide et endure ton mal comme un homme. Ou comme un poisson.


GENRE : Roman. Conte ou nouvelle philosophique?

RESUME : Le roman le plus célèbre de l'auteur, récompensé du Prix Nobel de littérature. Histoire de Santiago, pêcheur reconnu à Cuba, dans le Gulf-Stream, qui arrive à son quatre-vingt cinquième jour de choux blanc niveau poissons.. Il ira loin cette fois, plus loin que d'habitude, et il fera la rencontre de son ami l'espadon, qu'il décidera de tuer. Qu'il tuera enfin, trois jours après l'avoir ferré, mais inutilement : dévoré au fur et à mesure par les requins, il n'en restera qu'arrêtes et souvenirs.

IMPRESSION : "Il faut voir dans ce poème épique, aux résonnances bibliques et homériques, une parabole : celle de la victoire dans la défaite. C'est un thème cher à Hemingway. L'homme ne triomphe jamais tout à fait - et içi l'échec est total. Mais ce qui importe c'est l'effort pour braver le destin - et içi l'effort est immense.", nous dit le prologue.. Je vois le début de la victoire quand Santiago réussit finalement à tué son frère l'espadon. Je vois la défaite qd les requins dévorent le-dit espadon, amarré à la barque du vieux. J'entrevois la victoire dans ces attaques requinesques : le vieux est et reste vivant (" Le vieil homme respirait avec les plus grandes difficultés; il avait dans la bouche un goût bizarre, ferreux et douceâtre qui l'effraya beaucoup sur le moment. Mais c'était assez peu de chose.") Et pourtant c'est un parfum de solide échec qui plane sur le coeur du vieil homme : la mort de son ami l'espadon est malheureusement inutile. Il était destiné, et Santiago se déculpabilisait en se le répétant, à nourir beaucoup d'hommes avec toutes ses chairs abondantes.. cependant il n'a servit que de goûter aux galanos.
La victoire suprême reste cependant dans l'acte du pêcheur, son refus de la défaite, et son combat jusqu'à la fin. Il passera la journée et la nuit à se battre contre les requins venus cueillir son espadon, avec un harpon, avec un couteau, avec son gourdin.. avec sa volonté..
Hemingway nous laisse avec un Santiago affaiblit mais heureux ("Le vieux révait de lions.") et un village inquiet et solidaire autour du pêcheur miraculé, qui sait maintenant avec raison pourquoi il l'admire tant.
Le concept de force nouvelle dans l'espoir et la détermination est bien illustré içi.


PHILOSOPHIE : L'espoir, la détermination, la lutte pour la vie.

EXTRAIT : "En voilà une idée de faire des petites tes mignonnes, fragiles, comme des hirondelles de mer, quand l'océan c'est tellement brutal? C'est beau l'océan, c'est gentil, mais ça peut devenir brutal, bougrement brutal en un clin d'oeil. Ces petits oiseaux- qui volent, qui plongent, qui chassent avec leurs petites voix tristes, c'est trop délicat pour l'océan."

"Il se souvint d'un couple de marlins dont il avait attrapé la femelle. Les mâles laissent toujours les femelles manger d'abord. Quand cette femelle-là s'était sentie ferrée, elle s'était débattue d'une manière si folle, si épouvantée, si désespérée, qu'elle avait bientôt perdu ses forces. Tout le temps de la lutte, le mâle était resté à ses cotés, croisant et recroisant la ligne, tournoyant en même temps qu'elle à la surface. Il nageait si près que le vieux craignait qu'il ne coupât la ligne avec sa queue. La queue des marlins est coupante comme une faux, d'ailleurs elle ressemble à une faux par la taille et par la forme. Le vieux avait amené la femelle à la gaffe et l'avait assommée à coups de gourdin en se cramponnant à son bec, qui était long comme une épée et rugueux comme du papier de verre; il lui avait assené sur la tête des coups si violents que la peau en était devenue grise comme le tain des glaces; enfin aidé du gamin, il l'avait hissé par-dessus bord. Pendant tout ce temps, le mâle était resté à côté de la barque. Soudain, alors que le vieux s'affairait à dégager les lignes et préparait le harpon, le mâle fit un bond prodigieux hors de l'eau tout près de la barque, afin de voir où était la femelle, puis offrant à l'oeil ses larges rayures mauves, déployant ses grandes ailes couleur de lilas, il retomba dans la mer. Qu'il était beau! Qu'il était fidèle! Le vieux n'avait jamais oublié cela."

"Il rassembla ce qui lui restait de force, de courage et de fierté; il jeta tout cela contre l'agonie du poisson. Celui-ci s'approcha de la barque; il nageait gentiment tout près du vieux, son nez touchait le plat-bord.
Il se préparait à dépasser le bateau. c'était une longue bête argentée aux rayures pourpres, épaisse, large. Dans l'eau, il semblait interminable.
Le vieuxcha la ligne et mit son pied dessus. Il souleva le harpon aussi haut qu'il put. De toutes ses forces, augmentées de la force nouvelle qu'il venait d'invoquer, il le planta dans le flanc du poisson, derrière la grande nageoire pectorale qui se dressait en l'air à la hauteur de sa poitrine. Il sentit le fer entrer, s'aoouya et pesa de tout son poids pour qu'il pétrât jusqu'au fond.
Le poisson, la mort dans le ventre, revint à la vie. Dans un ultime déploiement de beauté et de puissance, ce géant fit un bond fantastique. Pendant un instant, il resta comme suspendu en l'air au-dessus du vieil homme et de la barque. Enfin il s'écrasa lourdement dans la mer."

# Posté le lundi 07 août 2006 13:15

Modifié le mardi 08 août 2006 13:36

*... Lorsque j'étais une oeuvre d'art." ...* (Droite nocturne de...)

Eric-Emmanuel SCHMITT
"Lorsque j'étais une oeuvre d'art."
Ed. Livre de poche, 2003
Autre oeuvre : "L'Evangile selon Pilate", "La part de l'autre", "La secte des égoïstes"
Essai : "Diderot ou la philosophie de la séduction."


QUATRIEME DE COUVERTURE : "Lorsque j'étais une oeuvre d'art est un livre sans équivalent dans l'histoire de la littérature, même si c'est un roman contemporain sur le contemporain. Il raconte le calvaire d'un homme qui devient son propre corps, un corps refaçonné en oeuvre d'art au mépris de tout respect pour son humanité. Malléable, transformable, il n'est plus qu'un corps sans âme entre les mains d'un esprit diabolique dont le génie tient avant tout à son manque de scrupule."
Michel MEYER, Eric-Emmanuel Schmitt, ou les Identités bouleversées.

"Un chef-d'oeuvre qui raconte précisément l'histoire d'un chef d'oeuvre raté. C'est original en diable, cruel comme la modernité et éloquent comme une parabole."
Roger BICHELBERGER, Le Républicain Lorrain.

"On peut être sûr qu'avec Schmitt on sera surpris. Il a sa place au musée des inventeurs."
Eric Ollivier, Le figaro.

"Un conte moral aussi dérangeant que divertissant."
François BUSNEL, L'Express.


GENRE : roman.

STYLE LITTERAIRE : Je le placerai dans le néo-absurde, ou plutôt la joie de vivre s'illustrant par l'absurde pour se révélée plus brillante encore.

RESUME : Tazio est le cadet des jumeaux Rienzi et Enzo Firelli. Alors que ses frères sont mondialement reconnus pour leur beauté incontestée, Tazio s'est enseveli sous la honte et l'indifférence de tous, écrasé par l'ombre immense de la fratrie. Un jour de suicide décidé à la falaise de Palomba Sol sur l'île sur laquelle il vit, il rencontre Zeus-Peter Lama. Cet avide artiste changera sa vie, d'inutile elle passera à infernale. Devenu oeuvre d'art mondialement reconue il rencontrera l'amour en la personne de Fiona Hannibal, fille de Carlos Hannibal, peintre de l'invisible.
Finit sur un procès pour étudier le cas de cet Adam Bis, homme-oeuvre d'art à qui on essait d'ôter l'humanité. (autre résumé? voilà)


IMPRESSIONS : Déjà, on peut se demander si les gens qui écrivent des articles sur ce livre l'ont au préalable lu! (cf. La quatrième de couverture!) Outrée! E n f i n . .
Je l'ai dévoré en 2 jours. Le premier je me suis dis : moi qui n'ai jamais su ne pas aimer un bouquin, il fallait bien que ça arrive un jour! Le deuxième : finalement il est pas si mal ce livre! Ce matin j'en étais au 3/5e et au boulot, on peut dire que j'étais de mauvaise humeur, la vie amochée à mes yeux, impression que ce livre m'emmenait dans les tréfond de la déprime : quel merde ce truc!
Livre déroutant par le dégoût qui en découle, nausée causée par la "malsaineté", l'angoisse dûe à l'objectivation du personnage principal. Par la lâcheté, par le lourd poids de la responsabilité d'une conscience, on veut parfois être objet, on veut se reposer et se fier aux jugements d'autres. D'ailleurs les médias se servent à merveille de ce désir inavoué! Autre exemple : le masochiste donne son corps et espère pouvoir donner son âme par la douleur reçue, cette paradoxale dernière qui, par elle-seule rappelle la dure réalité d'une conscience rattachée en constance à un corps, à une pensée.. Puis le cas de l'acte sexuel, où l'amant veut posséder l'autre et être posséder à la fois. Au paroxysme de l'orgasme on croit parfois que l'on a atteint son but : vaine illusion.
Cette histoire est l'exemple d'un homme qui a la "chance" de devenir en partie objet, mais nous montre la fatalité de l'irrepoussable âme et conscience d'un homme, même finissant ( Sartre et le prisonnier de la condition humaine, la peur des responsabilités de la conscience d'où découle la mauvaise foi. )
Schmitt montre l'homme dans l'indécision perpétuelle : Adam Bis voulait mourir, il ne veut plus. Il voulait ne plus être lui, il regrette ce choix. N'existe-t-il un monde que dans le regret? La première partie du livre ne montre le monde que dans la crasse, la dépravation, dans l'avarice et la puanteur de l'unique recherche du profit. Et je m'en étais arrêté là ce matin.
La lumière nous est enfin apportée par Carlos Hannibal, pur créateur, et sa fille Fiona, aux cheveux de feu et inconsciente de sa beauté, en nous dévoilant l'existence du Bonheur. Ils nous apportent aussi l'Art véritable - et non l'arrogant art commercial.
La nouvelle forme de Tazio nous reste inconnue. Seule se dérobe l'information du "Sonomégaphore", remplaçant futuriste du phallus actuel, permettant cris et sueurs à femelles y grimpant dessus ( doit-on y lire les symptômes avant-gardistes de quelques vices que ce soit chez l'auteur?).
La fin reste magré tout splendide, avec Fiona, la figure féminine du roman enfantant dix enfants entourée d'amour et de félicité. Néo-Adam Bis nous rapporte son histoire sous des airs d'autobiographie.
Livre curieux, angoissant et salvateur en sa fin.. Thanks G O D!


PHILOSOPHIE : Objet / Sujet, conscience (passant par les yeux), art, appréciation du plaisir qu'est la vie. L'Autre dans / par le Moi. L'absurdité parfois des lois humaines.

EXTRAITS : "Mon jeune ami, chacun de nous a trois existences. Une existence de chose : nous sommes un corps. Une existence d'esprit : nous sommes une conscience. Et une existence de discours : nous sommes ce dont les autres parlent. La première existence, celle du corps, ne nous doit rien, nous ne choissisons ni d'être petit ou bossu, ni de grandir ni de vieillir, pas plus de naître que de mourir. La deuxième existence, celle de la conscience, se montre très décevante à son tour : nous ne pouvons prendre conscience que de ce qui est, de ce que nous sommes, autant dire que la conscience n'est qu'un pinceau gluant docile qui colle à la réalité. Seule la troisième existence nous permet d'intervenir dans notre destin, elle nous offre un théatre, une scène, un public; nous provoquons, démentons, créons, manipulons les perceptions des autres; pour peu que nous soyons doués, ce qu'ils disent dépend de nous." (Zeus-Peter Lama)
--> Je rassure le petit monde, ceci n'est que le contraire de la pensée de l'auteur, elle-même étant illustrée par la tournure que prend la fin du roman, par l'attitude de Carlos Hannibal, et par le pourrissement de Zeus-Peter Lama..

" [L'âme] est une blessure qui saigne toujours et ne guérit jamais. On ne l'a supprime qu'avec la vie."

"Je ressentais une émotion longue, bouleversante, violente, entre la stupeur et l'émerveillement : j'éprouvais le bonheur d'exister. La joie simple dtre au milieu d'un monde si beau. N'être pas grand-chose et beaucoup à la fois : une fenêtre ouverte sur l'univers qui me passe, le cadre dans lequel l'espace devient un tableau, une goutte dans un océan, une goutte lucide qui se rend compte qu'elle existe et que, par elle, l'océan existe. Minuscule et grande. Intense et misérable." (Adam)

"Lui l'offrait toujours ce sourire immense qui lui rendait sa jeunesse, un sourire éperdu, un sourire où il se donnait tout entier, un sourire tellement fort qu'on devinait derrière je ne sais quel désespoir."

"Pour être une oeuvre d'art célébrée et commentée par le monde entier, il faut soit être très bien élevé comme Mona Lisa, soit ne comprendre que l'hébreu ancien comme David, soit, comme moi, s'en foutre royalement."

"Les apparences ne sont que ce qu'elles sont [...] Plates. Muettes. Elles ne doivent laisser apparaître qu'elles-mêmes. Les apparences n'expriment rien, elles appartiennent aux autres et ne leurs sont tolérables qu'à ce prix." (Adam)

"Fiona sera auprès de moi dans quelques heures. Lors de ses absences, ma sensibilités s'exacerbe, je me rends compte que le temps passe, que la vie s'amenuise, que les enfants sont nombreux, bruyants, guettés par mille dangers, j'angoisse, je ne trouve pas le sommeil et vivre m'apparaît un fardeau. Pourtant je sais que tout rentrera dans l'ordre dès qu'elle franchira le seuil bleu de la maison."
--> Bien que l'idée du confort absolu et le bonheur apporté par une tiers personne soit l'opposé de ma philosophie de vie, cet extrait je le trouve cinglant d'amour.
*... Lorsque j'étais une oeuvre d'art." ...* (Droite nocturne de...)

# Posté le lundi 07 août 2006 16:59

Modifié le jeudi 24 août 2006 13:33

Note perso :

DEFINITION : [ Equarrir ] =
Tailler à angle droit, rendre carré.
Echorcher, dépecer.

# Posté le lundi 07 août 2006 17:09