*... "Le clan des Otori I, II, III." ...* (Elan, de Sophie DUMONT)

*... "Le clan des Otori I, II, III." ...* (Elan, de Sophie DUMONT)
Lian Hearn
"Le Clan des Otori."
Ed : Folio, 2002 (n°3907)

I, Le silence du rossignol

Au XIVe siècle, dans un Japon médiévale mythique, le jeune Takeo grandit au sein d'une communauté paisible qui condamne la violence, mais elle est massacrée par les hommes d'Iida chef du clan des Tohan. Takeo, sauvé par le sire Shigeru, du clan des Otori, se trouve plongé au coeur des luttes sanglantes entre les seigneurs de la guerre. Il doit suivre son destin. Mais qui est-il? Paysan, seigneur ou assassin? D'où tient-il ses dons prodigieux? Lorsqu'il rencontre la belle Kaede, un amour fou naît entre les deux jeunes gens : devra-t-il choisir entre cet amour, sa dévotion à sire Shigeru et son désir de vengeance? Sa quête le mènera jusqu'à la forteresse d'Inuyama, lorsqu'il marchera sur le "parquet du rossignol". Cette nuit-là le rossignol chantera-t-il?

II, Les neiges de l'exil

Alors que tombe les premières neiges, Takeo et Kaede poursuivent leur quête au coeur d'un Japon féodal cruel et magnifique. Leur amour survivra-t-il à la guerre et à la haine, aux alliances promises ou rompues? Une histoire inoubliable où palpite la passion, où sourd la violence, où la beauté saisit toute chose.

III, La clarté de la Lune

"Ton domaine s'étendra de la mer à la mer, mais un bain de sang est le prix de la paix. Tu l'as conquerras en cinq batailles : quatres victoires et une défaite..."
La prophétie se réalisera-t-elle? Dans la fureur des hommes et le déchaînements des forces de la nature, Takeo et Kaede accomplissent leur grand destin.



GENRE : épique japonais.

IMPRESSION : Très réaliste, on est vite aspiré dans ce monde fictif où la description et les cartes géographiques nous confondent quelques fois. Rappelle presque les films d'époques du Japon, mélange d'amour, de sabres et de sake. En ressort beaucoup de douceur, de beauté, et de moeurs Japonaises et ses valeurs.
Pourtant : dure à enchaîner à la suite les uns des autres. Quelque peu redondant, mais c'est là le risque des trilogies. Elle a tenté, elle a plutôt réussi.


THEME : honneur, vengeance, confiance.

EXTRAIT : "Ses yeux semblaient exprimer une émotion profonde, sa bouche était sensible, et elle découvrit dans ses traits un mélange d'énergie et de tristesse. Cette vision éveilla quelque chose en elle, une sorte de curiosité mêe de nostalgie, un sentiment qu'elle fut incapable de reconnaître. [...] quand le garçon fut hors de vue, elle eut l'impression d'avoir perdue une part d'elle-même."

"
Je sortis Jato de son fourreau. Le seigneur tendit la tête en murmurant quelques mots [...], je priais moi aussi, pour qu'il me soit donné de ne pas le cevoir maintenant. Il faisait plus sombre qu'en cette nuit où Jato dans sa main m'avait sauvé la vie. Je brandis le sabre, sentis la douleur sourde irradier mon poignet et demandai pardon à sire Shigeru. Le sabre-serpent bondit, mordit et, rendant ainsi un ultime service à son maître, lui ouvrit les portes de l'autre monde. Dans le silence absolu de la nuit, le sang bouillonnant semblait faire un bruit monstrueux."

"El
le vit alors combien il était dépravé, dans quels abîmes de luxure et de cruauté il s'était enfoncé. L'immensité de son pouvoir l'avait rendu arrogant et corrompu. [...] Elle aurait voulu crier mais n'osa pas. Iida s'aguenouilla ps d'elle, la souleva et la porta sur le matelas. Il dénoua sa ceinture et la robe s'ouvrit. Desserrant sa propre ceinture, il se coucha ps d'elle. Kaede sentit sa peau se hérisser de peur et de répulsion.
- Nous avons toute la nuit, dit-il.
Ce furent ses dernières paroles. La pression de ce corps d'homme contre le sien réveilla brutalement en Kaede le souvenir du garde du château de Noguchi. La bouche du seigneur sur la sienne la rendit presque folle de dégoût. Elle jeta les bras en arrière, et il poussa un grognement approbateur en sentant le corps de la jeune fille se tendre contre le sien. De la main gauche, elle trouva l'aiguille dans sa manche droite. Alors qu'il se baissait sur elle, elle la lui enfonça dans l'oeil. Il lança un cri qu'il était impossible de distinguer d'un gémissement de volupté."
(in "Le silence du rossignol")

# Posté le lundi 21 août 2006 17:20

Modifié le lundi 01 janvier 2007 06:11

*... "Confession d'une jeune fille." ...* (Bain de soleil, de RAYNAL)

*... "Confession d'une jeune fille." ...* (Bain de soleil, de RAYNAL)
Pidansat de Mairobert (1727-1779)
"Confession d'une jeune fille."
extrait de "Romanciers libertins du XVIIIe siècle", bibilothèque de la Pléiade.
Ed. Folio, 2005, initialement paru peu après la révolution française.

QUARTIEME DE COUVERTURE : Dotée d'un "clitoris diabolique", la jeune et lascive Sapho est accueillie par Mme de Furiel qui l'initie aux amours féminines. Amours pour lesquelles Sapho se révèle exceptionnellement douée jusqu'au jour où un homme lui fait découvrir d'autres plaisirs...

GENRE : Roman, littérature érotique.


RESUME : Roman épistolaire entre milord All'Eye et milord All'Ear dont le vrai narrateur se révèle être Sapho. Nymphe, "Sapho" est la plus ancienne et la plus connue des tribades ou la secte des anandryne (anti-homme?) soit de pucelles lesbiennes.

IMPRESSION : Très "mijoré" à coté du cher marquis, mais joli dans son genre. Se lit très vite, mais on ne se pâme pas. Rappellons tout de même que c'est publié au XVIIIe.. Outre l'intérêt "libertin", on retrouve les moeurs du moment : ne croyons pas que le sexe fut inventé au XXe!

PHILOSOPHIE : sexualité (plutot ds le psycho), le désir.

EXTRAIT : "Car dans le trouble et le désordre on ne jouit point, ou l'on jouit mal."

"Il en est de notre métier comme de certains jeux de cartes dont il faut savoir les règles générales, mais auxquelles on déroge souvent [...] ; c'est sur le tapis qu'on apprend ce qu'il faut faire : la manière de jouer des adversaires, détermine celle dont on doit user. Il en est de même pour le putanisme (car pourquoi rougir de nommer une profession qu'on ne rougit pas d'exercer) : c'est l'age, le caractère, le goût d'un amant qui doivent décider de la nature du plaisir à lui procurer."

"[Malheur aux dupes qui tomberont dans mes filets!] Ô Milord! est-il possible, à cet âge, d'être si bonne et si perverse, si naïve et si corrompue, si aimable et si coquine!"

# Posté le lundi 01 janvier 2007 05:29

*... "La nuit des temps." ...* (art informel)

René Barjavel
"La nuit des temps."
Ed. Pocket (n°812) de 1996

QUARTIEME DE COUVERTURE : Dans l'immense paysage gelé, les membres des Expéditions Polaires françaises font un relevé du relief sous-glaciaire. Un incroyable phénomène se produit : les appareils sondeurs enregistrent un signal. Il y a un émetteur sous la glace...
Que vont découvrir les savants et les techniciens venus du monde entier qui creusent la glace à la rencontre du mystère?
"La nuit des temps" est à la fois un reportage, une épopée mêlant présent et futur, et un grand chant d'amour passionné. Traversant le drame universel comme un trait de feu, le destin d'Eléa et de Païkan les emmène vers le grand mythe des amants légendaires.

GENRE : Science fiction.

IMPRESSION : Narration peu classique, on intercalle les monologues du docteur Simon et les récits sous la glace. Cette expédition universelle mêle des personnages à caractères très carricaturés, ce qui ponctue tout le sérieux scientifique de tableaux humoristiques (cf : Léonova pour la russie, Hoover pour les états-unis). Comme le stipule la quatrième de couverture, ce roman n'est pas sans rappeler le chef d'oeuvre de Shakespeare, modernisé. Agréable à lire, mais sans plus. La trame est bien trouvée mais trop maigre pour s'étaler sur un si long récit. Du même auteur, "Le grand secret", il est à lire!

EXTRAIT :
"Il ôta sa jupe. Ils étaient debout, nus, l'un devant l'autre. Elle recula lentement et, quand elle eut le tapis sous ses pieds, elle s'accroupit et s'allongea. Il s'approcha, puissant et lourd, précédé par son désir superbe. Il se coucha sur elle et elle s'ouvrit. Elle le sentit se présenter, noua ses pieds dans ses reins et l'écrasa sur elle. Il entra comme une bielle. Elle eut un spasme d'horreur.
- Je suis à Païkan! dit-elle.
Elle lui enfonça ses deux pouces à la fois dans les carotides.
Il suffoqua et se tordit. Mais elle était forte comme dix hommes, et le tenait de ses pieds crochetés, de ses genoux, de ses coudes, de ses doigts enfoncés dans ses cheveux tressés. Et ses pouces inexorables, durcis comme de l'acier par la volonté de tuer, lui privaient le cerveau de la moindre goutte de sang.
Ce fut une lutte sauvage. Enlacés, noués l'un à l'autre et dans l'autre, ils roulaient sur le sol dans tous les sens. Les mains de l'homme s'accrochaient aux mains d'Eléa et tiraient, essayaient d'arracher la mort enfoncée dans son cou. Et le bas de son ventre voulait vivre encore, vivre encore un peu, vivre assez pour aller au bout de son plaisir. Ses bras et son torse luttaient pour survivre, et ses reins et ses cuisses luttaient pour battre la mort de vitesse, pour jouir, jouir avant de mourir.
Une convulsion terrible le raidit. Il s'enfonça jusqu'au fond de la mort accrochée autour de lui et y vida, dans une joie fulgurante, interminablement, toute sa vie."
*... "La nuit des temps." ...* (art informel)

# Posté le lundi 01 janvier 2007 08:36

*... "Les cerfs-volants." ...* (art surréaliste)

*... "Les cerfs-volants." ...* (art surréaliste)
Romain Gary (1914 - 1980)
"Les cerfs-volants."
Ed. Folio (n°1467) de 1995, paru en 1980, c'est le dernier livre de l'auteur (et on le devine en le lisant).
Autres oeuvres : "Gros-Câlin" (1974), "La promesse de l'aube" (1960), "Les racines du ciel" (1956) ...


QUARTIEME DE COUVERTURE : Pour Ludo le narrateur, l'unique amour de sa vie commence à l'âge de dix ans, en 1930, lorsqu'il aperçoit dans la forêt de sa Normandie natale la petite Lila Bronicki, aristocrate polonaise passant ses vacances avec ses parents. Depuis la mort des siens, le jeune garçon a pour tuteur son oncle Ambroise Fleury dit "le facteur timbré" parce qu'il fabrique de merveilleux cerfs-volants connus dans le monde entier. Doué de l'exceptionnelle mémoire "historique" de tous les siens, fidèle aux valeurs de "l'enseignement public obligatoire", le petit Normand n'oubliera jamais Lila. Il essaie de s'en rendre digne, étudie, souffre de jalousie à cause du bel Allemand Hans von Schwede, devient le secrétaire du comte Bronicki avant le départ de la famille en Pologne, où il les rejoint au mois de juin 1939, juste avant l'explosion de la Seconde Guerre mondiale qui l'oblige à rentrer en France.
Alors la séparation commence pour les très jeunes amants... Pour traverser les épreuves, défendre son pays et les valeurs humaines, pour retrouver son amour, Ludo sera toujours soutenu par l'image des grands cerfs-volants, leur symbole d'audace, de poésie et de liberté inscrit dans le ciel.


GENRE : Roman à connotation historique, littérature engagée.

IMPRESSION : Un auteur qui sait retranscrire magnifiquement les sentiments, on ne tombe ni dans le mélodramatique à l'eau de rose, ni dans le style étallage réfrégisant. De l'humour fin appréciable malgré un discours assez mélancolique, quelques allusions ironiques sur des évenements réelles de 45. Quand même assez "nationaliste", ou plutôt pro-français (le classique schéma Français VS Allemands). Peinture de la décadence féminine avec Lila, en passant. Une fin lumineuse, surtout qu'on ne s'y attendait plus. En rétrospective : un roman qui nous arme de bons sentiments (comme d'espoir, de déterminisme pour entrer dans la vie). Au final, on est triste de le quitter. Et on se demande pourquoi Gary se suicidâ.


Vont suivre de nombreux extraits, je n'ai pas pu m'en défaire. Excusez.

EXTRAIT : "Des traits bien taillés, durs et volontaires, des cheveux gris, coupés en brosse, et une de ces fortes et longues moustaches que l'on qualifie de "moustache de Gaulois", car les Français savent encore, Dieu merci, se raccrocher à leurs souvenirs historiques, même s'ils ne sont plus que ceux de leur poil." (portrait de l'oncle Ambroise Fleury)


" - Tu ne vas quand même pas mourir de maladie? me demanda-t-elle, comme si elle attendait de moi quelque tout autre et admirable façon de quitter la terre.
- Ne me touche pas, tu vas peut-être l'attraper.
Elle s'assit sur le lit.
- A quoi ça sert d'aimer quelqu'un si on a peur de l'attraper?" (Lila)


"Rien ne me faisait plus plaisir que ces moments du désespoir qui me permettaient de la prendre dans mes bras, d'effleurer ses seins de ma main et ses lèvres des miennes, et puis un jour vint où, perdant la tête, laissant aller mes lèvres à leur folle inspiration et sans rencontrer de résistance, j'entendis une voix de Lila que je ne connaissais pas, celle qu'aucun génie vocal ne peut surpasser; je demeurais aguenouillé, cependant que la voix me grisait et m'emportait au-delà de tout ce que j'avais jusque-là connu dans la vie du bonheur et de moi-même. Le cri monta si haut que je me suis senti, moi qui ne fus jamais un croyant jusqu'à cet instant, comme si je venais de rendre à Dieu ce qui Lui était dû."


" - Il est toujours temps d'être ennemi, mon vieux.
- Toi, Bruno, un jour, tu vas crever de gentillesse, de tolérance et de douceur.
- Eh bien, à tout prendre, ce n'est pas une mauvaise façon de crever.
Je ne devais jamais oublier cet instant. Je ne devai jamais oublier ces longs doigts sur le clavier, ce visage tendre sous la broussaille. Lorsque le destin abattit ses cartes, rien ne m'avait préparé à un tel retournement : celle de Bruno avait vraiment dû tomber d'un autre jeu. Le destin joue parfois les yeux fermés." (Ludo)


"Il ferma les yeux et garda un instant la main sur ses paupières.
- Enfin. Il parait qu'il y a des amours qui finissent. J'ai lu ça quelque part.
Je passais mes dernières heures avec Lila. Le bonheur avait une présence presque audible, comme si l'ouïe, rompant avec les superficies sonores, prénétrait enfin aux profondeurs du silence, cachées jusque-là par la solitude. Nos instants de sommeil avaient cette tiédeur où l'on ne sait ce qui est rêveries et ce qui est corps, ce qui est nid et ce qui est ailes. Je sens encore sur ma poitrine son profil dont l'empreinte est sans doute invisible mais que mes doigts retrouvent fidèlement aux heures lourdes de ce malentendu physique qui n'a qu'un seul corps.
Ma mémoire saisissait chaque instant, le mettait de côté; c'est ce qu'on appelle chez nous le bas de laine, il y avait là de quoi me durer toute une vie." (Ludo)


"Je restai là longtemps, essayant de me retrouver. La sensation de ne plus être là, ni ailleurs, ni nul part, et puis une lente montée de désespoir. Je luttai. Je ne voulais pas trahir. Le désespoir est toujours une soumission." (Ludo)


" - [...] Le rêve a touché terre et ça fait toujours des dégâts. Mêmes les idées cessent de se ressembler quand elles prennent corps. [...] Les Allemands nous ont donné beaucoup d'imagination. Quand ils seront partis, les retrouvailles seront cruelles. Mais quelque chose me dit que tu vas la retrouver, ta petite. L'amour a du génie et il a le don de tout avaler. Quant à toi, tu croyais avoir vécu de ta mémoire, mais tu as surtout vécu de ton imagination.
Il s'est marré.
- L'imagination, Ludo, ce n'est pas une façon de traiter une femme." (Fleury)


"[...] Il vaut mieux se sentir victime d'une injustice que de se sentir coupable." (Lila)


"L'espoir est une frayeur. Tout mon corps était glacé, et déjà je pleurais de déception et de désespoir."

# Posté le lundi 01 janvier 2007 13:08

Modifié le lundi 01 janvier 2007 13:28

Note perso :

A une semaine du grand départ pour le japon, ma vie est ds un gros bordel.
Niveau lecture, puisque c'est ce qui nous intéresse, je suis en plein dans "La part de l'autre" de Schmitt (critique ds le mag-a-lire prochainement).

vivement un peu de calme

# Posté le jeudi 11 janvier 2007 05:35

Modifié le dimanche 18 mars 2007 14:11