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*... "Le journal d'une femme de chambre" ...* (expressionisme)

*... "Le journal d'une femme de chambre" ...* (expressionisme)
Octave MIRBEAU (1848-1917)
"LE JOURNAL D'UNE FEMME DE CHAMBRE"
Ed. 1984
A
daptation théâtrale en 1931 par Heuzé et de Lorde, en 1981 par Jacques Destoop.
A
daptation cinématographique par Jean Renoir en 1946, et en 1964 par Luis Bunuel, avec Jeanne Moreau.
Le plus connu des romans de l'auteur, paru en 1900 chez Fasquelle.

QUATRIEME DE COUVERTURE : La bourgeoisie vue par le trou de la serrure et l'oeil de ses domestiques, qui ne valent pas mieux qu'elle. Si les maîtres sont des pantins, Célestine, la femme de chambre, est une catin, d'ailleurs assez gentille, et Joseph, le jardinier cocher, une fripouille antisémite. Ajoutez à celà quelques épices 1900, les étreintes passionnées de Célestine avec un jeune tuberculeux, un viol, un vieillard fétichiste (la fameuse scene des bottines si bien enlevée dans le film de Bunuel), et vous avez le chef-d'oeuvre de notre terrible Octave, "un personnage extraordinaire, disait Leautaud, d'une fougue, d'une hardiesse, d'un anarchisme littéraire et artistique unique à cette époque ".

GENRE : roman

COURANT LITTERAIRE : ... mais surement engagé.

RESUME : Journal de Célestine qui profite de ces rares moments de répit que lui laissent ces nouveaux maîtres (petis bourgeois normands) pour faire le point sur son existence de misère et d'humiliation. Décrit sans complaisance la condition domestique (qui concerne à cette époque plus d'un million de personnes), ses drames : déracinement, perte d'identité. Tour à tour est victime et bourreau, égoiste et médisante, ou hargnieuse et hautaine. Evoque les personnages marquants de sa vie, ses amants, ses maîtres. On s'y attache malgrés ces bassesses. Joseph, homme mysterieux. Ce finit dans le présent, le futur en suspens.
Au-delà de sa valeur documentaire, critique par l'auteur de la bourgeoisie érigeant le darwinisme en loi sociale : "Chacun vit, s'engraisse, s'amuse de la misère d'un plus pauvre que soi." Laisse aussi transparaître ses haines esthétiques et littéraires contre les peintres préraphaélites (courant de la peinture anglaise du XiXème siècle, inspiré par la manière et les oeuvres des primitifs italiens qui peignaient avant Raphaël, avec comme principaux représentants Burne-Jones, Rosetti et Millais) et les écrivains mondains qui "oeuvrent à l'envers de la vie".
Consubstanciel de l'affaire Dreyfus, Le Journal est encore un franc réquisitoire contre les débordements nationalistes et antisémites.

IMPRESSIONS : Célestine est attendrissante de par sa franchise et sa spontanéite qui nous dévoile sa naiveté. Elle nous dévoile à son insu son ignorance d'elle-même. A travers ce qu'elle juge de véracité et d'honneté, rapport de propos et de scène elle ment et traversti bien des choses. Certaines ne sont pas clairements prononcées comme la maladie de M. Georges, beaucoup de sous-entendu, des regards, des "ça". Ce sentiment d'incertitude et pourtant de certitude de la part du lecteur d'avoir deviner est renforcé par les soupçons de Célestine sur le viol de la petite Claire et du vol des Rabour - est-ce l'oeuvre de Joseph?
En étant elle, différente des autres, Célestine hait les autres et pourtant éprouve pitié, amitié, amour. Finalement avec Joseph, elle aime le mystère. Elle souhaite le connaître mais ne le peut et ne le veut (différence entre ce qu'in veut et ce qu'on voudrait). Rappelle la scène de la place chez un vieillard qui aurait pu se toquer d'elle et faire sa fortune, tout ce qu'elle esperait en étant dans la maison de placement, mais place qu'elle refuse quand celle-ci se présente, et ceçi pour aucune raison apparente.
Me rappelle "Madame Bovary" de FLAUBERT, coté naîveté. Et me rappelle "Un roi sans divertissement" de GIONO avec les sentiments de Mr. V et de Langlois qui, par ennui de la vie sont poussés à commettre des crimes. Ici il nous parait si simple et si facile d'être vulgaire, voleur, catin et criminel. (cf. 2e extrait)

PHILOSOPHIE : Le problème de l'autre, haine de l'autre, la curiosité aussi. La brutalité du beau.

EXTRAITS : "Ainsi, me voila tout seul, maintenant. Je n'ai plus de femme, plus d'enfant, plus rien. J'ai bien songé à me venger... oui, j'ai songé longtemps à tuer ces trois enfants qui jouaient sur la pelouse... Je ne suis pas méchant pourtant, je vous assure, et pourtant, les trois enfants de cette femme, je vous le jure, je les aurais étranglés avec une joie..., une joie!... Ah! oui... Et puis je n'ai pas osé... Qu'est ce que vous voulez? On a peur... on est lâche... on n'a de courage que pour soufffrir!" (le jardinier veuf)

"Je me souviens avoir vu, dans un petit salon, chez la comtesse Fardin, une sorte d'idole hindoue, d'une grande beaute horrible et meurtrière... Joseph, à ce moment, lui ressemblait... "

" [...] mais je craignis que le sentiment que j'éprouvais ne fut qu'une curiosité fugitive. Joseph avait pris sur moi, sur mon esprit comme sur ma chair, un ascendant qui n'était peut-être pas durable... Et peut-être n'était-ce en moi qu'une perversion momentanée de mes sens?... Il y avait des moments où je me demandais aussi si ce n'était pas mon imagination - portée aux rêves exceptionnels - qui avait crée Joseph tel que je le voyais, s'il n'était point réellement qu'une simple brute, un paysan, incapable même d'une belle violence, même d'un beau crime?... "

"Ce qu'elles sont exigeantes, les bonnes, à Cherbourg, et chapardeuses, et dévergondées!... Non, c'est incroyable, et c'est dégoutant..."

# Posté le dimanche 25 juin 2006 14:04

Modifié le lundi 26 juin 2006 17:04

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