PIERRETTE FLEUTIAUX
"Les amants imparfaits."
Ed. Acte Sud 2005
Autre oeuvre de l'auteure : "Nous sommes éternels" (prix Femina 1990), "Des phrases courtes, ma chérie."
QUATRIEME DE COUVERTURE : Paris, juin 2001 : trois jeunes gens soupçonnés de meutre comparaissent devant un juge d'instruction. Il s'agit des jumeaux Léo et Camille, dix-sept ans, issus d'une famille très fortunée domiciliée un peu partout dans le monde, et de leur ami Raphaël, vingt ans, originaire d'une petite ville de province et fils d'une employée de mairie.
Ils se sont connus à l'age de six et neuf ans respectivement, dans cette même petite ville où vivent les grands-parents des jumeaux.
L'audition des témoins et le récit de Raphaêl révèleront le secret de Léo et Camille et l'histoire des amants imparfaits.
Récit d'une fascination de l'un par les deux autres, de solitudes partagées dans l'oubli de la loi sociale et sous la férule d'un Eros devenu vengeur, étrange dérive à trois dans un monde désormais sans repères, ce roman, par-delà la variation superbe qu'il constitue sur le thème de la gémellité et du double, narre l'irresistible prise de pouvoir, sur un être jeune et vulnérable, d'un authentique sortilège.
En forme de "ré-initiation" aux illuminations premières, "Les amants imparfaits", en convoquant l'absolu du désir assassiné par un temps mortifère, relève sans doute tout autant d'une méditation sur les paradis perdus et les utopies que d'un questionnement sur l'innocence et la dépravation.
GENRE : Roman
COURANT LITTERAIRE (STYLE) :Huh.. I really dont know.. Ecriture moderne. Style totalement narratif.
RESUME : Histoire de Raphaël contée par lui-même, sur sa jeunesse perdue, regrettée mais adorée. Sa rencontre avec les jumeaux Léoetcamille décide du sens que va prendre sa vie, totalement hantée et conduite immanquablement. Autorité des jumeaux ou plutôt de son flegme à faire un retour sur lui-même? Apparition du personnage d'Anne, la suicidée,permettant ce déballage de vie.
IMPRESSION : Assez complexe au départ car Raphaël demeure seul narrateur mais n'arrête pas de voyager dans le temps, nous tirant dans le récit de sa toute première jeunesse et nous ramenant d'un coup sec dans le présent.. Il garde plusieurs interlocuteurs : les jumeaux, tout d'abord, toujours présents dans le roman comme dans la vie de Raphaël, puis Natacha, jeune écrivaine "rencontrée" au Mali lors d'une conférence d'auteurs, muse de Raphaël. Arrive aussi son psychologue et le juge d'instruction (passages qui nous force à un retour au temps présents et nous donne l'impression d'une retranscription exacte ou semi-exacte d'une interrogation judicière). Le lecteur joue le rôle de confidant, voire même celui de jugés à la cour : il observe l'évolution de Raphaël, se laisse attendrir par son discours.
Le roman a l'air de construire son intrigue évidente sur le "meutre" d'Anne (suicidée mais pourrait-on dire suicidée par le trio?), et nous soumet des éléments croustillants tel le meutre prénatale du troisième foetus (phantom twin) par Léo et Camille (qui est la raison principale de leur raccord à Raphaël, on s'imagine très bien leur petites mains de six ans agripés à Raphaël, comme leur seul lien avec la lucidité). Cependant celà ne me satisfait pas. La véritable intrigue n'est-ce pas justement la prise de conscience de Raphaël sur le pouvoir de l'influence? C'est finalement un roman totalement psychologique basé sur le lecteur, voyeur les échecs multipliés de ce jeune homme, se débattant, impuissant.
Le titre ne cadre pas pour moi avec le sujet du roman, le personnage principal étant Raphaël. Bien que ce roman n'aurait pas été crédible sans la présence des jumeaux, le cobbaye du lecteur, sautant de ligne en ligne, la cervelle hagarde, se révèle être peut-être lui-même.
PHILOSOPHIE : Innoncence, faiblesse/autorité, influencabilité, sens absurde de la vie, sexualité.
EXTRAITS : "Leur voix, leur visage ont changé d'un coup. De tout petis doigts suivent les lignes, exhument les uns après les autres des mots aux consonances obscures, leurs lèvres bougent à mesure, ânonnant tout bas, avec application, séquences filées qu'ils savent par coeur. Et moi je suis perdu dans le brouillard de la langue étrangère, égaré par leur voix même, qui m'empêche de comprendre, tant elle m'est nouvelle, et méconnaissable, une voix de tout petits enfants, surgie d'un autre monde, presque effrayante.
"Tu vois, ont-ils conclu tristement, on l'a bouffé."